SEPTEMBRE 2001
Spéciale Starwars

Dans cette rubrique Travelling, émission Spéciale Starwars oblige, nous allons parler de cette série cinématographique qui a révolutionné pour toujours à la fois le genre du cinéma de Science Fiction et l'industrie du cinéma en général. On pourra même dire que rien ne fut pareil après la sortie de l'épisode 4, A new Hope, en 1977 à la fois dans le rythme utilisé dans les films de combats, mais aussi dans la fidélisation d'un public, qui s'est pris cette saga dans la tronche, comme une digestion ultime de la pop-culture, 30 ans après son avènement.

En ce qui concerne le rythme, nous y reviendrons tout à l'heure. Pour ce qui est de la pop-culture, c'est à juste titre qu'il a été ressenti comme le témoignage filmé d'une époque. Les recettes utilisées par Lucas ne sont pourtant pas nouvelles. Mais c'est justement la prise en compte de la nécessité de réadapter les classiques à la sauce Pop qui en fera le chef d'œuvre intemporel qu'il est devenu.

Car finalement, la destinée du jeune Skywalker est directement tirée de celles qui furent connu depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, de Ulysse à Perceval, des tragédies d'Ovide à celles de Racine, en passant, anglo-saxons obligent, par les textes de Shakespeare. On pourra également parler du background filmique du jeune Lucas : tout ce dont il parle dans American Graffiti, un film qu'il réalisa en 1973 ; les westerns d'abord, qui sont le véritable ferment de sa culture, et d'ailleurs de l'ensemble de cette génération qu'on pourrait nommer les "parents du Rock". Parmi ceux ci, on pourra nommer La chevauché fantastique de John Ford, mais aussi les films avec une forte personnalité en guise de héros : James Dean dans la fureur de vivre de Nicholas Ray notamment. Mais il n'y a pas seulement les westerns, il y a aussi les films de sabre ou de Kung-fu, qui sont très à la mode à l'époque de la sortie du premier Star Wars, et que sans nul doute ont nourri l'écriture et la conception de la mise en scène de Lucas.

Mais avant tout, ce qui fait le Contexte, c'est la littérature : car les Star Wars se nourrissent avant tous des lectures adolescentes de Lucas. Parmi celles ci, on pourra citer, références évidentes, le Seigneur des anneaux, notamment pour la construction organisée d'une saga dans un monde imaginaire dont il a fallu inventer l'ensemble des composantes. Comme pour Tolkien, Lucas a utilisé des légendes existantes, qui finalement sont toujours construit sur le même schéma (le héros prométhéen dans sa quête initiatique de sagesse) et les a introduit dans un monde ou il est un deus ex machina et dont il contrôle chaque événement avec une jalousie quasi maladive. Mais dans ces lectures, la référence la plus évidente, c'est le ferment de toutes les différentes voies de la pop-culture, il s'agit des comics anglo-saxons ; s'ils ont influencé le cours de l'histoire commencé il y a longtemps, très longtemps dans une galaxie lointaine, c'est surtout le cours de la réalisation qu'ils ont considérablement marqué. A chaque détour de plan de l'épisode 4 et 6, on peut reconnaître des hommages appuyés aux X-men, A Batman et consorts. Amusant commencement des choses, d'ailleurs, puisque c'est le contraire qui se passera ensuite, chacune des adaptations d'une star de l'écurie Marvel s'inspirant avec insistance sur l'univers Star Wars.

Le mélange de ces influences a dopé incontestablement le rythme de la première trilogie, qui, mais peut être la vois-je avec les yeux de Chimène, n'a pas pris une ride ou, du moins, pour être beaucoup moins tranché, est encore tout à fait regardable. On pouvait avoir grande peur par rapport à A New Hope, le quatrième épisode de la série, mais il se maintient bien, ne paraît pas si lent et ne semble pas si dépassé. Pourtant il l'est, mais la puissance de l'histoire nous fait oublier, comme pour les films d'Hitchcock ou les anticipation de De Palma, que le calque est trop visible… Bizarrement, c'est la scène de combat entre Luke et (………), la bestiole de Jaba, dans Return of the Jedi, pourtant tourné en 1984, qui a le plus mal vieilli. Le plus étonnant, c'est que Lucas ne l'aie pas dépoussiéré pendant la remasterisation, effectuée avant la sortie de Phantom Menace, comme pour préparer la sortie de sa seconde trilogie, revenu au moment exact ou il le fallait, après que les réalisateurs dont l'enfance fut bercé par les macarons de Léïa et sa chute de rein parfaite que le délicieux Jaba the Hutt voulu bien nous dévoiler, au péril de sa vie. En effet, que dire des frères Washowski et de Matrix, sinon qu'en ayant remis les combats de sabres au goût du jour, ils ont aussi relancé la carrière florissante de la famille Skywalker.

C'est aussi le point sur lequel nous finirons, mais qui ne peut pas être éludé ; il s'agit de l'art consommé de Lucas pour le commerce et la fidélisation de son public partout dans le monde. Il ne lui a pas suffi de contruire un monde fabuleux, il a fallu qu'il le vende. Ainsi, chaque épisode a sa bestiole amusante ou mignonne ou le deux, qui pourra être commercialisé en T-shirt, en figurine ou en tasse de thé : Ainsi D2R2, Yoda, et surtout les Ewoks et Jar jar, sont là pour faire sourire les gamins et ceux qui ont su le rester, et éventuellement les faire passer à la caisse enregistreuse. En 1977, c'était le premier film a adopter un tel plan marketing. Et même si maintenant le procédé semble d'une banalité sans fond, il s'agissait d'une nouveauté qui ne pouvait que plaire aux victimes consuméristes de la pop-culture, qui sont avant tout des grands consommateur. Figurez vous que chaque détail des Star Wars un peu emblématique est utilisé pour en faire un objet de déco. Ainsi, il y a des fous qui serait prêt à débourser 7500 balles pour avoir dans leur salon Han Solo grandeur nature figé dans la carbonite ! Alors qu'entre nous, quitte a choisir un personnage de cette scène, autant choisir d'avoir dans son salon la princesse Léïa grandeur nature figé dans son bikini ! Mais je m'égare… Ce qui est très fort dans l'empire Lucas, c'est qu'il contrôle de bout en bout sa production, y compris les produits dérivés. Voir par exemple, avec Lucas Art, les jeux vidéo tirés des films, voir les suites autorisées qu'il a laissé paraître en bouquins. Mais ce qui a fait sa force, en bon Jedi de l'industrie filmique qu'il est, c'est d'avoir tout misé sur une série qui commençait par l'épisode 4. Investissement payant, puisque maintenant nous nous languissons d'attendre le 2 et le 3, près de 25 ans après, alors que nous sommes devenus adultes. Et comme je sais que vous aussi, chers auditeurs vous vous languissez d'attendre Attack of the Clones, l'épisode 2 de la saga, je vous livre quelques informations exclusives : d'abord sachez que Samuel L Jackson, que l'on voyait derrière Yoda dans l'épisode 1 va prendre le rôle du Jedi en vue, sous le nom de Mace Windu. Et que Christopher Lee va prendre le rôle du tout premier Jedi Hérétique, le comte Dokuu. Mais sans attendre, je vous livre un scoop, une grande première, puisque je vous livre le synopsis de l'attaque des clones :

Depuis le blocus de la planète Naboo par la Fédération du commerce, survenu dix ans plus tôt, la République vit dans la prospérité grâce aux bonnes actions du chancelier Palpatine. Malgré tout, la paix ne règne pas d'un bout à l'autre de la galaxie. Des dissidents font part de leur mécontentement envers le fonctionnement de la République De ce groupe, le comte Dooku en est l'un des principaux fers de lance. Il est également l'un des vingt Jedi hérétiques à avoir tourné le dos à l'Ordre des Jedi, ce qui soulève de l'inquiétude à la fois au Sénatet dans la population intergalactique. Padmé, ayant cédé le trône de Naboo à Jamillia pour prendre le rôle de sénatrice, croît résolument que la République doit se doter d'une solide armée avant que les incidents ne s'enveniment davantage et elle s'envole pour Coruscant débattre son point. A peine a-t-elle atterri sur Coruscant que son vaisseau explose! Cordé, son double, la remplaçait à bord. Padmé, de son vaisseau d'escorte, n'a pu que regarder avec stupéfaction l'attentat porté contre elle. Obi-Wan Kenodi et Anakin Skywalker, son disciple, prennent rapidement des nouvelles de Padmé.

Mais la situation ne s'améliore guère : un chasseur de prime tente d'assassiner l'ancienne reine quelques heures plus tard, une tentative que font échouer les deux Jedî. Afin d'assurer la sécurité de Padmé, il est décidé par le Conseil des Jedi qu'Anakin la ramènera à Naboo. Anakin sait qu'il devra mettre de côté ses sentiments envers la sénatrice durant ce devoir, mais l'amour est une chose bien difficile à maîtriser, et ce, même pour un Jedi. De son côté, Obi-Wan s'envole vers Kamino. Des indices lui portent à croire que quelque chose d'insidieux se trame sur cette planète bleue - mais quoi? Isolée dans l'un des immenses édifices qui recouvrent, tout Coruscant, une sombre figure contacte le comte Dooku : Obi-Wan ne doit pas voir de son vivant le secret de Kamino.